Accueil du site > Éditorial

> Accès au dernier numéro paru

Qu’est-ce que Tétralogiques ?

Tétralogiques est une revue à comité de lecture qui s’adresse à tous ceux qu’intéresse une réflexion théorique sur les sciences humaines. Elle se propose de passer outre les frontières des champs disciplinaires, produits de circonstances socio-historiques, au profit des objets scientifiques, issus de la modélisation hypothétique. Au rebours de la pluridisciplinarité, elle entend cultiver, selon le mot de son fondateur, Jean Gagnepain, l’in-discipline.
La revue, fondée en 1984, est porteuse d’un héritage : un modèle général du fonctionnement humain (dans ce qui le spécifie comme ce qui le rattache au reste du vivant), lui-même redevable d’une méthode clinique d’investigation scientifique. Inaugurée autour des troubles du langage, elle conduit à dépasser l’approche positive des phénomènes pour remonter aux principes explicatifs, et réfute la tendance actuelle au naturalisme généralisé, auquel la quantification tient tout entière lieu d’épistémologie, tout comme l’idée contraire que toute investigation scientifique des phénomènes humains serait vouée à l’échec.
Tétralogiques entend prendre position dans les débats scientifiques contemporains armée de ces arguments, et contribuer ainsi à l’avancée d’une anthropologie conçue comme explication générale de l’humain. Elle se propose également de susciter et d’accueillir les débats en son sein, en ouvrant ses pages à tous ceux qui seront intéressés par les problématiques suggérées par ses numéros thématiques. La revue s’adresse aux chercheurs, mais souhaite qu’y contribuent d’autres milieux professionnels chaque fois que l’occasion pourra en être créée.

À partir du n°20, Tétralogiques est disponible gratuitement par voie électronique. La liste des numéros plus anciens est disponible sur le site des Presses Universitaires de Rennes. Quelques-uns des anciens articles peuvent être téléchargés sur le site de l’Association pour le Développement de l’Anthropologie Médiationniste.

Tétralogiques : pourquoi ce nom ?

Les recherches initiées à l’université de Rennes au début des années 1960 à partir de ce qu’il était convenu d’appeler « les troubles du langage » par les Pr. Olivier Sabouraud, neurologue, et Jean Gagnepain, initialement linguiste, les ont conduits à formuler l’hypothèse que l’ensemble des comportements spécifiquement humains résultaient de l’interaction de capacités indépendantes les unes des autres (parce que sélectivement atteintes dans la pathologie), que l’explication doit alors modéliser. Ces capacités sont au nombre de quatre, soit quatre « logiques » régissant le fonctionnement humain.
Il s’agit de (1) la grammaticalité, qui fonde ce mode particulier de production d’information qu’est la conceptualisation ; (2) la personne, qui fonde le soi et l’autre, et donc la production de société et d’histoire ; (3) la norme, qui régit l’habilitation du désir ; (4) la technique, qui entraîne l’artificialisation du monde.
De par son hypothèse que la pathologie (neurologique et psychiatrique) constitue la voie privilégiée d’accès à des processus définitoires de l’homme qu’un fonctionnement « normal » entremêle de façon inextricable dans l’observable, cette proposition scientifique est une anthropologie clinique.
Elle est parfois connue sous le nom de théorie de la médiation, pour argumenter que la spécificité humaine, dans le règne animal, réside moins dans des facultés particulières que dans le fonctionnement de celles-ci, caractérisé par une phase d’abstraction structurante qui rompt l’immédiateté du rapport animal au réel (objectivé, vécu, désiré ou instrumentalisé).


 
| | Table générale des numéros | Suivre la vie du site | Valid XHTML 1.0 Transitional